Nous nous sommes opposé·es au transfert du CHU de Nantes sur l'Île en particulier parce que ce transfert se faisait en diminuant les possibilités d'accueil des patients. Le CHU a en effet anticipé une baisse du nombre de lits en fermant 66 lits en MCO (Médecine Chirurgie Obstétrique) : selon la DREES le nombre de lits en MCO à Hôtel Dieu était de 998 en 2013 et 932 en 2023, alors que la population est en croissance forte sur toute la région.
Ce nouvel hôpital qui sort de terre sera donc orienté vers le tout ambulatoire, sans solution pour l'amont (accueil des patients pourtant crucial pour ceux qui résident hors de l'agglomération) ou l'aval des soins de suite (qui peuvent engendrer des complications s'ils sont négligés). Ces missions seront donc laissées au secteur privé, mutualiste ou lucratif, accentuant l'inégalité d'accès aux soins.
À l'heure où la Métropole lance le dialogue citoyen " Ensemble, imaginons les futurs de l'Hôtel-Dieu ", nous réclamons que le site reste un lieu dédié à la santé, qui réponde aux besoin de la population et n'hypothèque pas l'avenir.
- maintien de la maternité, qui pourrait devenir une maternité de niveau 1 (comme le sont généralement les maternités en secteur privé) afin de soulager la maternité de niveau 3 prévue sur l'Île, et aux capacités d'accueil insuffisantes
- création d'une maison de naissance ainsi qu'un accueil pour l'accompagnement femme-enfant.
- création d'un centre de santé incluant des services de psychiatrie, d'odontologie, d'analyses, d'échographie
- développement d'un service PASS (permanence d'accès aux soins)
- création d'une crèche, en particulier au bénéfice des personnels de santé
- créations de logements sociaux et étudiants
- ...
Pour une analyse plus poussée, voir ici
Répondons à l'invitation au dialogue citoyen, c'est ici
Les infirmier⋅es de Bloc-Opératoire Diplômées d'État (IBODE) nous donnent rendez-vous
jeudi 12 décembre 2024, 14h devant Hôtel-Dieu (Nantes)
pour les soutenir dans leur combat pour la pérennité de leur profession, la reconnaissance de leur qualification et pour la formation des IBODE.
Depuis un décret de 2015, la qualification IBODE devrait être exigée pour plusieurs pratiques mais la date d'application de cette exigence est sans cesse repoussée : 31/12/2020 puis 31/12/2021 et finalement 31/12/2031! En conséquences ces pratiques sont effectuées par des infirmier⋅es sans la qualification mais avec une courte formation et sans nouveau recrutement! Au CHU de Nantes, des salles du bloc opératoire seront fermées faute de recrutement IBODE.
Pour plus d'information, lire le tract de CGT-CHU
Les contraintes budgétaires récurrentes qui touchent le secteur de la santé privent de plus en plus de français d'un accès aux soins.
- Fermetures de services d'urgences sporadiques, ou définitifs, (comme à Ancenis, Machecoul...)
- Déserts médicaux, en ville comme à la campagne : à Nantes la densité médicale est de 49 médecins pour 100 000 habitants, dans les quartiers prioritaires contre 93 à l'échelle de l'agglomération nantaise. Au niveau national cette densité est de 99 médecins/ 100 000 habitants avec des grandes disparités selon les régions.
- Fermeture de maternités, ce qui entraine aussi un éloignement de services gynécologiques (suivi de grossesse) ou d'IVG
- Restriction des services dans les hopitaux existants
et en conséquence, mise en tension des services de secours et des pompiers.
L'État, qui tient le budget de la Sécurité Sociale (création de la CSG, de l'Ondam, creusement du déficit par exonération de cotisations patronales), est responsable.
Une action exemplaire en Côte d'Armor
C'est en toute logique que des maires ont décidé de prendre un arrêté mettant l’État face à ses responsabilités et réclamant un accès aux soins pour toutes et tous et un respect de la dignité humaine, conscients que l'inégalité dans l'accès aux soins est susceptible de créer un trouble à l'ordre public. Par exemple au conseil municipal de Guingamp.
Les élus s’appuient sur des textes fondateurs, notamment la Déclaration universelle des droits de l’homme, la Constitution, les traités de l’Organisation Mondiale de la Santé. Un modèle d'arrêté est disponible ici
Selon l'article 2 de leur arrêté, le maire enjoint l'État de créer "les véritables conditions au
déploiement des personnels nécessaires, y compris en négociant des accords internationaux avec des Etats partenaires de la France, comme la République de Cuba, et enfin de favoriser ce déploiement par tout moyen y compris la régularisation des Praticiens à Diplôme Hors Union Européenne."
Les médecins cubains sont attendus avec impatience à l'hôpital de Guingamp, mais cela dépend de M. Macron.
49 maires des Côtes d'Armor se sont engagés dans cette démarche. La réponse de l'État ne s'est pas fait attendre : il conteste la légalité de l'astreinte de 1000€ par jour en absence de mise en place de Plan d'urgence.. Le préfet considère leur demande comme illégale (lire ici sa réponse) et 15 maires sont convoqués au tribunal administratif de Rennes, l'audience s'est tenue le 12 septembre 2024,
Signalons aussi l'action conjointe des associations UFC-que choisir de Nantes et de Saint-Nazaire, à retrouver ici
Rassemblement départemental devant le CHU de Nantes
samedi 14 septembre 2024, 11h
Victime des politiques de santé néolibérales: austérité budgétaire, financement à l'activité, fermeture de lits, concentration, etc, notre système de santé se délite.
Les professionnel·les de la santé, du social et du médico-social, en ville comme à l’hôpital, ne cessent d’alerter que leurs conditions d’exercice les conduisent à l’épuisement. Les démissions s'enchaînent et maintenant si les hôpitaux ferment des lits, ce n'est pas forcément pour des raisons budgétaires mais par manque de personnel!
Pour les patient·es, les délais de prise en charge se rallongent, et le risque de perte de chance s'accroît. Une pénurie de médecins généralistes et de spécialistes transforme nos territoires, en ville comme à la campagne, en déserts médicaux obligeant les usagers à recourir aux secteurs non conventionnés (avec dépassements d’honoraires).
Plus que jamais nous devons reconstruire un système de santé garantissant proximité et qualité. Un plan ambitieux de formation et d’embauche de professionnel·les et la mise en place d’une politique d’attractivité des métiers de la santé sont incontournables pour garantir un accès
aux soins et à l’accompagnement des plus fragiles. Il est donc urgent de renforcer les financements de la Sécurité Sociale mise à mal par des années d’exonérations de cotisations sociales injustifiées et de valider des budgets à hauteur des besoins et des ambitions.
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