Projet CHU à Nantes

Ainsi, les critiques que nous formulions depuis des années envers le transfert du CHU de Nantes se trouvent confirmées, maintenant qu'il faut réfléchir au  déménagement.

  • des locaux exigus et un nombre de lits réduit

La CGT-CHU ne cesse de dénoncer l'exiguïté des nouveaux locaux : « La boîte à chaussures de l’île de Nantes, comme nous l’avions déjà dénoncé dès la présentation de ce projet sous-dimensionné, est bel et bien trop petite. Il est difficile de trouver une place pour toutes les consultations, les services administratifs, etc. » Elle réclame de « conserver l’actuel hôpital mère-enfant avec l’ensemble des infrastructures, pour faire fonctionner les services de la maternité et de pédiatrie, sans oublier de les développer au vu de l’espace qui se dégagera. » Rappelons par ailleurs que le CHU Hôtel-Dieu a fermé 64 lits entre 2013 et 2023. En effet, fermer des lits était le projet, lire ici. Quant à l'Hôpital Nord il devait fermer, son avenir reste incertain mais grâce à nos mobilisations  il est maintenant certain que des activités y resteront.

  • un projet du "tout ambulatoire" qui laisse au privé les soins de suite et de réadaptation et néglige la psychiatrie

En 2023 le taux d'ambulatoire du CHU de Nantes était de 36%, la direction veut, sur l'Île, le porter à plus de 60%! Cela ne pourra se faire qu'au dépend des malades dont les soins de suite et de réadaptation ne seront plus pris en charge par l'hôpital, mais par des structures privées dont l'accès dépendra de la mutuelle du malade. Ainsi LNA-santé va s'installer sur un terrain cédé par le CHU au niveau de l'hôpital Nord Laënnec, voir ici.

Quant à la psychiatrie, elle est à l'abandon : 150 lits ont été fermés dans le département durant les deux dernières années, le centre de Blain (12 lits) est menacé de fermeture. Faute de place en pédopsychiatrie des enfants sont hospitalisés en psychiatrie adulte (ils étaient 141 à Saint Jacques en 2024)! Finalement le CHU ouvre 8 lits de pédopsychiatrie...en fermant 14 lits adultes. On rappelle que, suite au Covid19,  les passages en urgence médico-psychologique pédiatrique sont passés, en Loire Atlantique, de 750 en 2021 à 1468 en 2023, les besoins en pédopsychiatrie s'intensifient, voir les alertes du Collectif Enfantiste.

  • des urgences mal calibrées à la croissance de la population dans la région

Nous l'avions signalé et avions calculé les besoins dans notre contre-projet, à retrouver ici. Mais finalement M. El Saïr lui- même s'en est aperçu : il déclare vouloir bientôt ouvrir des lits pour les urgences. Rappelons qu'une partie du problème des urgences vient du manque de lits d'aval (fermés par les politiques précédentes). Ainsi les malades restent aux urgences faute de place dans les services qui devraient les prendre en charge.

  • l'argent public dépensé au bénéfice du BTP et de la communication, au dépend du soin

Les informations du journal Marianne sont révélatrices de ce qu'est un hôpital "géré comme une entreprise", extraits :

→185 000€ pour un logo sans valeur ( on retrouve ce logo, avec d’infimes variantes, dans au moins huit pays, indique La Lettre à Lulu) : « C’est l’équivalent de 40 mensualités d’aides-soignants ou de 34 mensualités d’infirmiers », s’insurge Olivier Terrien, de la CGT.

→ Une gestion du personnel qui conduit le Comité social territorial (une instance dédiée au dialogue social) à conclure dans son « expertise indépendante » à une forme de « violence institutionnelle », il constate une « augmentation de décompensations psychiatriques graves », tandis que les « difficultés exprimées [par les agents] et la gravité des symptômes associés sont alarmants ».

→ 31 859 euros exactement, pour la « soirée électro » où la plupart des employés n'avaient pu accéder.

Le mésusage de l'argent public est tel qu'un groupe de personnalités demande une nouvelle expertise de la Chambre Régionale des comptes.

À qui profite la démolition d'un hôpital pour en construire un plus petit ? En tout cas pas au personnel soignant qui continue à subir politiques d'austérité et marchandisation de la santé.

En soutien avec le personnel maltraité du CHU de Nantes, nous réclamons la fin de cette politique de santé qui, depuis l'instauration de la T2A en 2004, a permis le développement de la médecine lucrative et a asphyxié l'hôpital public. Nous demandons l'ouverture d'un service d'urgences sur le site Nord Laënnec et , à terme, d'une maternité. Nous militons, comme l'École Émancipée, la CGT et d'autres  pour le 100% sécu.

 

 

 

Telle est l'ambition des promoteurs du futur CHU sur l'Île de Nantes. Mais qu'est-ce que cela veut dire ? Des patients qui n'auraient plus besoin d'hôpital ? En effet les hôpitaux sont soumis à des cures d'austérité depuis au moins la loi Bachelot (2009), à coup de restructuration et de tarification à l'activité. Puis ont fleuri des projets de démolition/reconstruction-en-plus-petit, comme à Nantes, et aussi à Paris-Nord.

Le Grand Hôpital Paris-Nord devait reprendre les activités des hôpitaux Bichat et Beaujon, mais lundi 10 juillet 2023 le juge du tribunal administratif de Montreuil a annulé la déclaration d’utilité publique du plus grand projet hospitalier de France : ce nouvel hôpital « diminue l’offre de soins hospitaliers », et porte ainsi « atteinte au droit fondamental à la protection de la santé », garanti par la Constitution. (plus d'informations par exemple ici).

Qu'en est-il à Nantes ? Est-ce que le droit fondamental à la protection de la santé est garanti par ce nouvel hôpital qui commence à sortir de terre ?