Projet CHU à Nantes

 

Le nouveau centre de médecine physique et réadaptation (MPR) du CHU de Nantes à Saint-Jacques a été inauguré fin 2020 (l'article de Ouest-France est ici). Bâtiment magnifique (mais toujours pas terminé).

 

                                                              

 

 

Les couloirs sont larges pour permettre le déplacement des malades appareillés, les malades peuvent disposer de nombreuses machines et d'une piscine ; mais où est le personnel soignant ?

Le bureau d'accueil qui permettrait la confidentialité est fermé, l'accueil se fait sur une table du hall, à côté de l'écran télé, le hall peut servir aussi de salle pour la restauration...

Les bureaux administratifs sont "partagés", au moins trois à quatre personnes en même temps dans des bureaux exigus, on croise un médecin pressé, une infirmière au pas de course (les couloirs sont longs aussi).

Le 19 juin 2025, le personnel était en grève (compte-rendu sur ouest-france ou FR3) : «Fermetures de lits, manque de personnel, médecins et patients de ce centre de rééducation réclament des effectifs adaptés et sécurisés».

En effet les murs sont là, les machines sont là, mais le personnel est insuffisant. Cette unité MPR préfigure-t-elle le futur CHU sur l'Ile de Nantes : une vitrine non fonctionnelle par négligence de la question des conditions de travail ?

 

Ce service MPR est visiblement conçu comme un hôtel : le personnel doit être transparent. De façon significative il rentre par le sous-sol, comme les fournitures, c'est là que se trouve leur vestiaire, ils ne disposent pas de salle commune de convivialité et de repos (seulement quelques alcôves disséminées ça et là) . Les installations mises à disposition des clients peuvent être financées par des sociétés privées, comme s'en vante le fonds de dotation1 du courtier en assurance Kereis «Quand la technologie redonne du sens… et du mouvement», qui a aussi mis en ligne cette vidéo

 

1les fonds de dotation sont des outils de défiscalisation.

Ainsi, les critiques que nous formulions depuis des années envers le transfert du CHU de Nantes se trouvent confirmées, maintenant qu'il faut réfléchir au  déménagement.

  • des locaux exigus et un nombre de lits réduit

La CGT-CHU ne cesse de dénoncer l'exiguïté des nouveaux locaux : « La boîte à chaussures de l’île de Nantes, comme nous l’avions déjà dénoncé dès la présentation de ce projet sous-dimensionné, est bel et bien trop petite. Il est difficile de trouver une place pour toutes les consultations, les services administratifs, etc. » Elle réclame de « conserver l’actuel hôpital mère-enfant avec l’ensemble des infrastructures, pour faire fonctionner les services de la maternité et de pédiatrie, sans oublier de les développer au vu de l’espace qui se dégagera. » Rappelons par ailleurs que le CHU Hôtel-Dieu a fermé 64 lits entre 2013 et 2023. En effet, fermer des lits était le projet, lire ici. Quant à l'Hôpital Nord il devait fermer, son avenir reste incertain mais grâce à nos mobilisations  il est maintenant certain que des activités y resteront.

  • un projet du "tout ambulatoire" qui laisse au privé les soins de suite et de réadaptation et néglige la psychiatrie